Conférence sur la Chapelle des Forges du 20 septembre 2008 (suite).....

Publié le par adolphine

La construction de l’église

La population augmentant, le direction décide la construction d’une église en plein cœur de la cité.

C’est en 1895 que commencèrent les travaux pour la construction de l’église. On note un accident sur le chantier de construction rapporté dans le Courrier de Bayonne du 11/7/1895 où un certain Janvier Duvert âgé de 36 ans s’est foulé les deux chevilles en tombant d’un échafaudage situé à 4 mètres.

L’entrepreneur des travaux est Antoine THOMAS né à Tralaigues (63) et époux de Marie DUBOY. Les Thomas étaient arrivés à Tarnos en 1881 dans le sillage de la Compagnie pour construire l’usine. Ils sont restés à Tarnos, le frère d’Antoine Jean est décédé le 5/10/1885. Les frères avaient acheté un bon nombre de terrains dans le quartier des Forges ; ils y ont fait construire des maisons qu’ils ont revendues avec une substantielle plus value.

Le coût de la construction s’élève à 89 000 francs.

L’église est achevée en 1897.

 

 

L’Eglise

 

Attardons nous un peu sur cette église.

C’est une église néogothique, qui a la particularité d’avoir une structure en fer ; on a utilisé 12 tonnes de fer fourni par l’usine bien sûr.

Parlons du fer dans l’architecture de cette fin du 19ème siècle qui commence à avoir une grande importance. Dans ses " Entretiens sur l’Architecture " (entre 1863 et 1872) Viollet le Duc publia un ensemble de plans audacieux et avant-gardistes pour des constructions qui combinaient le fer et la maçonnerie. Ces projets ne furent jamais réalisés mais ils influencèrent plusieurs générations d’ architectes. On ne connaît pas le nom de l’architecte.

Les fondations et les murs d’élévation sont en moellons de Bidache (709 m3). Sont également utilisées la pierre de Bidache, de Louvie et de Crazannes (558 m3), à côté de Saintes, qui convient particulièrement pour les sculptures et l’ornementation.

Dans l’église on compte : 1 croix, 78 chapiteaux, 13 feuilles et rosaces 54 crossettes et fleurons.

Sa surface intérieure est de 472 m², pour 300 m² utiles soit environ 600 personnes, et dans les tribunes de 150 m² 300 personnes peuvent contenir.

Attardons nous maintenant sur les splendides vitraux de cette église. Pour leur fabrication on a fait appel à la prestigieuse maison Mauméjan.

Cette famille de maîtres verriers, dont la maison mère est à Pau, a installé une succursale à Biarritz dès les années 1890. C’est elle qui restaure les vitraux de la cathédrale de Bayonne en 1893. une succursale est installée à Madrid. La maison Maumejean va ainsi faire des vitraux pour toute la France, pour l’Espagne, mais aussi pour le monde entier (Grande-Bretagne, Grèce, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Afrique, Asie (Chine, Malaisie), Etats-Unis, Cuba, Guatemala, Mexique, Porto Rico, Saint Domingue, Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Chili, Uruguay, Venezuela.) Je vous renvoie à l’excellent article publié par Pierre Albert Frouté dans la Revue de Pau et de Béarn en 1994. Pour la petite histoire Jules Pierre Maumejean (le créateur de la dynastie) est né en 1837 à Saint Esprit où son père Joseph est peintre sur faïence chez Novion (rue Maubec). Ces vitraux représentaient Adrien de Montgolfier (Président Directeur Général de la Société) et Claudius Magnin (directeur). Ils ont été enlevés dans les années 1980, et remplacés par des motifs décoratifs. Ils rappelaient trop que les promoteurs de l’église étaient les " maîtres des Forges ".

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